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Les interviews

Julo, Cie Les Cousins à la Garenne des Vieilles Charrues

Les Cousins, véritables clowns d’un spectacle populaire, sillonnent les routes nationales et internationales depuis 1990. Festivals, théâtres, rues, les Cousins sont partout chez eux. Leur spectacle actuel se joue en plein air et, ce week-end, aux festivals des Vieilles Charrues. Pourtant, avec le contexte actuel, René, Lolo et Julo, les trois Cousins, n’ont plus vraiment le cœur à jouer. Sur un festival comme les Vieilles Charrues, où l’impact est fort, "il était important de ne pas jouer". Julo nous explique cette position.

Le Fourneau : "Quel est votre engagement dans le mouvement des intermittents ?"

Julo : "Nous suivons les problèmes du statut des intermittents depuis plusieurs années, mais la signature du protocole d’accords du 26 juin dernier, nous a réveillés. Comme beaucoup de compagnies, il nous a paru nécessaire d’agir face à cette décision. Présents à Sotteville lès Rouen, l’annulation du festival a été le déclencheur de notre implication dans le mouvement militant".

Le Fourneau : "Grève ou pas grève ?"

Julo : "Nous nous sommes engagés dans la grève, car nous pensions que, jusqu’à l’annulation du Festival d’Avignon, c’était le seul moyen d’action forte et de réunification des compagnies de rue. Le combat, que certains qualifient de perdu, fait au moins réfléchir les français sur le type de société dans laquelle ils veulent vivre. Il est vrai que nous espérions plus de retour de la part du Ministère de la Culture, puis du Président de la République au 14 juillet. Ils font leur politique, ils laissent pourrir sans rien dire et restent sur leur position comme ils l’ont fait avec les retraites et l’éducation."

Le F. : "Comment continuer le mouvement dans ces conditions ?"

J. : "Il faut empêcher que les médias, qui affirment déjà que le mouvement a une côte défavorable auprès du public, détournent les informations à notre désavantage. Ce ne sont là qu’affaires de sondages, mais malgré la surprise des dernières élections présidentielles, ils continuent à influencer l’opinion publique. Sur le terrain, on s’aperçoit que le public se sent concerné, même si je ne pense pas qu’il participe au mouvement. Les gens se rendent compte de la diversité culturelle française qui existe non seulement grâce au statut des intermittents mais aussi grâce à la politique culturelle qu’a eu la France pendant ces vingt dernières années. Ils ont également conscience que depuis un an ou deux, la culture est remise en question, les subventions baissent, les petites salles ont de plus en plus de difficultés à survivre… Il faut redéfinir le problème : nous ne sommes pas contre la réforme du statut d’intermittent, mais contre un projet dans lequel les gens qui ont le plus de mal à s’en sortir dans la profession vont dégager et ceux qui s’en sortent vont continuer à s’en sortir".

Le F. : "Vous - les Cousins - n’êtes pas contre une réforme du statut, peux-tu nous expliquer ?"

J : "Nous ne sommes pas contre la réforme du statut, car beaucoup de choses ne vont pas. Le statut des intermittents devrait être remis en cause de façon intelligente et non pas comme il est fait par le MEDEF et le gouvernement actuel. Des syndicats ont déjà émis des propositions qui n’ont jamais été retenues, ni même lues (les accords FESSAC). Nous souhaitons voir évoluer le statut des intermittents, afin de stopper les abus. La réforme doit s’attaquer aux plafonds trop hauts. Les gens qui gagnent beaucoup ne devraient pas toucher autant d’ASSEDIC que ceux qui gagnent peu. De même, il faudrait empêcher que les maisons de production engagent des employés à temps plein sous le statut d’intermittents. Ce sont ces abus que nous devons combattre et non évincer les "petits" de la profession".

Interview réalisée dans la Garenne des Vieilles Charrues 2003

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