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Les interviews

La vie en rose avec Pied en Sol

Depuis quand existe la compagnie ?

Brigitte Tremelot : Pied en sol a 10 ans cette année. Denis et moi on danse ensemble depuis 1983. Avant on faisait partie d’une compagnie que l’on a quittée pour différentes raisons. Puis on a travaillé tous les deux pendant trois ou quatre ans ans. On a monté des duos en salle et en 1997-98 le directeur du Théâtre de Redon, Albert Guihard, nous a demandé si on pouvait jouer une pièce dehors. C’est comme cela que les choses ont commencé. On a interprété un duo qui s’appelait « Chemin Faisant » pour la Rando Ouest France à Redon et ensuite on a été dans divers festivals dont Aurillac. On a eu un vrai coup de cœur pour la rue et depuis 99 on crée essentiellement des spectacles pour cet espace.

Quelle sont les différences entre la salle et la rue ?

Denis Madeleine : Quand on joue dans la rue on rencontre forcément les habitants, pendant une répétition par exemple, ce qui fait qu’il y a déjà une histoire qui se tisse entre nous. On ne peut pas toujours avoir ce type de rapport dans un théâtre parce que les gens sont là pour bosser alors que dans la rue ils vivent. En travaillant dans cet espace on rentre dans une sorte de collectivité. Ca nous permet aussi de nous rendre compte qu’il n’y a pas tant de fossés que cela entre le public et la danse contemporaine.

Y a t-il beaucoup de compagnies de danse de rue ?

B.T : Il y a Tango Sumo. Mais c’est vrai qu’on est pas nombreux à ne faire que de la danse contemporaine. Souvent les compagnies mélangent le théâtre ou le cirque avec la danse. On est fier d’amener le langage chorégraphique dans la rue et que le public, qu’il soit averti ou novice, reste jusqu’au bout.

En général la danse contemporaine est assez hermétique ?

B.T : Ca dépend. Il y a des spectacles qui peuvent être compliqués, sélectifs mais c’est aussi ce qui fait avancer l’art. Nous on est plus dans une forme entre guillemets populaires. Quand on a joué "Chemin Faisant" à Aurillac on s’est retrouvé sur des places où les gens nous mettaient des billets de 100 balles dans le chapeau en nous disant qu’ils ne seraient jamais aller voir un spectacle de danse contemporaine en salle, qu’ils ne pouvaient pas penser que la danse pouvait être cela. On a une écriture qui peut correspondre à la rue et c’est le public qui a fait que l’on a eu envie de continuer cette aventure.

Vos précédents projets avant via ?

B.T : Dans la rue il y a eu "Chemin Faisant", "Filigrane Fanfare" qui a eu le prix de la Région en 1999, "Jour d’Avant" qui est un petit duo que l’on tourne surtout à Noël, "Mister Mirliflore" qui est un solo de Denis sur le personnage de Buster keaton, "Fabula Ficta" qui est un jeu de société grandeur nature et que l’on a joué ici il y a 2 ans sur la Place des Jacobins. Toutes ces pièces sont vraiment différentes les une des autres. Elles sont toutes portées par un univers fort et marqué.

Quelle est l’idée de départ sur Via ?

B.T  : L’envie de la déambulation, de "péleriner" dans une ville avec de grands bâtons. Et aussi de faire un pied de nez pour dire que l’on peut vivre autrement suite à la mise en place du nouveau protocole d’accord sur l’intermittence du spectacle l’an dernier. Chacun a plus ou moins bien traversé cette période et Denis a eu envie de repeindre le monde en rose. Tout cela part d’un besoin de légèreté, de naïveté.
D.M : Avec ce nouveau protocole on se sentait complètement fragilisé. C’est assez complexe de faire ce métier. On a beau être danseurs depuis plusieurs années, on est un peu comme des marins qui jettent leur filets en mer sans savoir s’ ils vont ramener du poisson. Là ça nous a fait un poids supplémentaire. Au début les personnages sont un peu kitsch, et en effectuant ce pèlerinage ils découvrent leurs personnalités, ils se dévoilent au fur et a mesure.

Pourquoi un spectacle déambulatoire et non pas fixe ?

D.M : Parce que c’est d’abord une rencontre avec différents espaces. Ces changements avec le public nous font ressentir de nombreux états. Chaque fois qu’on avance on se prends des surprises dans le nez avec lesquels il nous faut construire une nouvelle histoire. C’est une pièce qui a été écrite par module. Ca nous est arrivé pendant la création d’inverser l’ordre des choses pour voir ce que cela donnait, de rendre la Via le plus souple possible de façon à découvrir ce que l’on n’avait pas prévu. Ca nous a peut-être aussi permis d’être plus à fleur de peau.
B.T : Denis avait envie de vivre cette expérience. Pour cela il faut avoir un contenu artistique et se tenir toujours prêt. Par exemple on est venu faire un repérage du parcours à Morlaix quand on était en création à Taulé avec Claude Morizur (co-directeur du Fourneau). Puis on a refait le parcours hier avec les techniciens et juste avant de partir en représentation Claude arrive et nous fait une nouvelle proposition pour la fin. C’est aussi ça la déambulation il faut savoir rester ouvert et accepter ce qui arrive. C’est pas si simple que ça, même entre nous car il faut que tout le monde accepte ces changements et soit serein avant de partir.

Vous avez créer Via à Molène ?

B.T : Tous les danseurs ne sont pas de la région, donc on a aménagé des temps de création pendant 6 semaines à Redon et après on est parti 10 jours en résidence sur l’île Molène. Avec ce premier jet, on a décidé d’un parcours et c’est ce parcours qui nous a donné l’agencement actuel. Ensuite on a fait une résidence à Taulé. Chaque lieu te donne des idées différentes.

Quelles sont les personnes qui ont influencé votre travail ?

B.T : On a beaucoup travaillé pendant deux ans avec Dominique Petit dans les Pays de la Loire. C’est un danseur qui était très connu dans les années 80. On a fait beaucoup d’ improvisations, comment être là au bon moment, comment gérer l’espace, le temps, le groupe... On a eu aussi la chance d’avoir un parrainage chorégraphique avec Charles Cré-Ange qui travaille énormément sur le système des carrés. Du coup ça nous a donné envie d’avoir une écriture à 4 côtés et à 360 degrés dans la rue, afin que chaque personne du public puisse avoir une lecture différente. Et puis il y a aussi la rencontre entre nous deux et avec les danseurs, avec leur personnalité, qui nous a permis de faire ce spectacle.

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