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Les interviews

Zineb Enzekri, auteure, comédienne, danseuse, metteuse en scène du collectif Random

Interview pour le Livret de bord janvier-juin 2020


crédit Souissi Meriem

C’est la première fois que le collectif Random est accueilli au Fourneau. Pouvez-vous nous présenter l’histoire et l’esthétique du collectif ? Quel rapport entretenez-vous avec l’espace public ?

Après une enfance à beaucoup traîner dans les rues étroites de Meknès, Fès et Rabat, où l’espace public est une sorte d’extension de l’espace privé, à mon arrivée en France en 2000, c’est un choc esthétique et relationnel avec la rue et les passants. Alors en plus des différentes formations artistiques que je poursuis, je rencontre les rues en France. Lorsque nous créons avec David Picard le laboratoire itinérant du réel et le collectif Random en 2005, c’est avec l’envie d’écouter la rue et ce qu’elle a à nous dire. On se demande comment on peut se réapproprier nos villes, comment libérer la parole, quels sont les usages et comment déjouer les interdits. Avec des protocoles d’intervention qui créent des scénarios artistiques in situ, nous avons exploré des urbanités plurielles (ville dortoir, quartier en réhabilitation, centre-ville, village, tour en démolition…) et creusé ce qui se tisse entre l’humain et l’urbain. Insane, Dérive insensée est la deuxième forme plus « classique » du collectif, après Out !.

Quel est le point de départ de cette nouvelle création Insane, Dérive insensée ?

Au départ, il y a la volonté de questionner la nature humaine, celle qui se cache sous le masque social, l’essence humaine délivrée de toute mise en scène sociale, de tout apparat, « l’humain oublié » caché dans notre intime refuge intérieur. Cet humain primitif et potentiel que nous sommes à priori avant que l’on nous dompte. Cet humain pulsionnel, instinctif, sauvage, déviant que nous sommes avant que l’on apprenne à canaliser le feu du désir et la violence de l’émotion.
Insane, signifie « déviant » en anglais et « humain oublié » en arabe. Cette polysémie phonétique contient une tension poétique. Il y a dans ce mot une relation ténue entre l’apollinien et le dionysiaque. Merveilleux mirage, fable monstrueuse : mon héros disparu s’appelle l’Enfant Insane. Son histoire se déploie sur 3 espaces et 3 temporalités de la ville autours du motif de la cabane. Le visiteur est invité à marcher sur les pas de cet enfant disparu, au travers d’installations plastiques, sonores et vidéo.

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