La Grande Tablée par la Cie OPUS
Les Carnets de la Chimère 2025 # 9
Ce vendredi, mon vol m’a porté vers Riec sur Belon et je me suis posée dans la salle de tennis de la ville ! Le souffle des intempéries a encore une fois poussé les spectateurs à l’abri de cette grande salle. Ici, pas de décor sophistiqué, juste une longue table, quelques chaises, et cette certitude qu’il va se passer quelque chose d’inhabituel. En effet, une émission de radio est prévue, avec animateur et invités.
Les hôtes sont de simples retraités, tirés au sort pour s’installer autour de la table – Dominique pépiniériste au franc parler, Jean conservateur érudit d’un musée du costume, Jacques assureur pour les instituteurs, passionné de danses et Carlotta dont il est difficile de comprendre l’activité... –.
La mission de ces surprenants critiques d’un soir : commenter, à leur manière, la programmation du festival. Je constaterai rapidement, vue leur manque de connaissance des arts de la rue, qu’ils n’utiliseront pas le jargon des experts, loin s’en faut !
L’animateur, Antoine Delongy, les met en confiance. Avec humour et bienveillance, il les guide, relance une anecdote, souligne un détail. Chacun s’exprime en fonction de sa spécialité. On raconte ce qu’on a vu, ce qui a surpris, ce qui a ému. Les commentaires sont bruts, drôles, parfois désopilants et d’une banalité affligeante, parfois sincères et plein de sagesse. Cette sincérité vaut bien des critiques savantes ! Les spectateurs écoutent, rient, réagissent, surpris d’applaudir des phrases simples mais justes, comme si la parole du quotidien retrouvait toute sa valeur.
Cependant malentendus, quiproquos et caricatures se succèdent et les débats prennent rapidement un tour délirant. De plus, le vin servi en abondance par un maître sommelier, fait son effet et les compagnons de tablée, désinhibés, plongent au plus profond d’eux-mêmes. Très vite, les langues se délient, les corps se lâchent. Le public assiste alors à un play-back d’enfer, une danse bretonne très novatrice ou une conférence sur le rôle de la femme au néolithique.
Les quatre compères veulent également interpréter des scénettes afin de représenter et d’honorer les spectacles commentés. Antoine, l’animateur, précise que « cela se fera avec les moyens du bord, et des compétences… limitées ! La chorégraphie est en effet plutôt approximative mais le résultat est cocasse, burlesque, hilarant. Les spectateurs sont debout, le rire est général, le gymnase chauffe un maximum !
Je m’échappe, le sourire au bec, pour prendre l’air frais du soir et retourner vers mon univers, ravie d’avoir encore une fois complété mon étude sociologique sur ces sacrés humains ! Je quitte le Festival, encore une fois nostalgique de ces beaux moments de partage.
On se donne rendez-vous aux Rias 2026 pour de nouvelles aventures ! Promis !
Répondre à cet article