"Spen & Lulla" par le Collectif Xanadou
Les Carnets de la Chimère #4 - Quimperlé
Pluie, pluie, pluie…, rues désertiques à Quimperlé.
Et pourtant, une centaine de personnes attendent devant le portail du jardin de l’oratoire.
Je surprends un échange entre artistes et organisateurs : « Ils sont déjà nombreux, il faut jouer »
Et c’est parti … Vous me croirez ou pas, la pluie cesse, un rayon de soleil fait son apparition.
Des spectateurs continuent d’affluer d’on ne sait où.
Le narrateur nous présente Spen et Lulla, deux êtres atypiques, très particuliers, « deux oiseaux tombés de la branche » selon ses termes.
Spen ne trouve pas sa place dans ce monde, se pose beaucoup de questions sur son existence. « Il faut rester combien de temps sous la terre pour se décomposer ? »
Lulla, elle, est écorchée, emportée, à vif… elle est paumée, elle oublie.
Ils jouent aux dés, aux doigts, se perdent, s’oublient, se recherchent, se retrouvent.
Lulla et Spen semblent faits l’un pour l’autre, sont aux portes du bonheur selon le narrateur mais ne se trouvent pas.
Il cherche à les réunir, sans succès. Il voudrait bien faire, il agace sans doute.
Lulla s’emporte et provoque la mort du narrateur.
Mais, maintenant, comment se débarrasser d’un cadavre ?
Je suis choquée sans doute mais je me laisse emporter par leur folie.
Spen et Lulla nous entraînent dans des réflexions tantôt philosophiques, tantôt grinçantes, parfois morbides.
Ils font de nous leur complice jusqu’à nous emmener dans une déambulation. Ils se juchent, sur des balcons, sur des poubelles ou du mobilier urbain.
Ils entrent dans des appartements, se montrent à des fenêtres. Nous scandons, crions, chantons. Nous laisserions-nous manipuler ?
Ce spectacle m’interroge, m’interpelle, sur la vie (« Est-ce qu’on peut être heureux quand tout va de travers ? »), sur la mort (« Vous croyez que ça pense encore les morts ? »)
Les acteurs livrent une belle performance, je les trouve fabuleux, tendres, irritants, naïfs et persuasifs à la fois. Ils sont très applaudis et, une fois n’est pas coutume, dans leurs remerciements, ils précisent : Merci à ceux qui nous « ont prêté leur chez eux »… Amusant non ?
Bravo au Collectif Xanadou.
J’égoutte mes plumes et mes nageoires et fais route vers d’autres aventures.
Répondre à cet article