"JOUIR" par la Compagnie Notre Insouciance
Les Carnets de La Chimère #5 - Quimperlé
Ce soir, alors que le crépuscule s’étire sur Quimperlé, je me retrouve sur le parking de l’Ellé, mêlée à un public silencieux alors que s’ouvre JOUIR, spectacle de la compagnie Notre Insouciance. L’insouciance ne se lit pourtant pas sur les visages, chacun se demande comment le sujet va être traité ! Pour moi, personnage asexué, le titre aussi interpelle, il va me donner l’occasion de plonger dans les profondeurs de l’âme humaine !
Le spectacle commence sans fard, le récit s’articulant autour de la trajectoire d’une femme en quête d’orgasme. Mais rapidement, ce chemin intime devient collectif.
Elle fait appel à l’expérience de ses amis sous forme de monologues où chacun expose son expérience personnelle puis de groupes de parole. Le public est invité à participer à l’applaudimètre, dans une ambiance parfois grave, souvent joyeuse, l’humour qui aide à faire passer le propos étant constamment présent. Des numéros musicaux décalés permettent une respiration entre les témoignages.
Je suis touchée, j’admire ces jeunes qui se mettent à nu, levant des tabous, dépassant leurs pudeurs, chacun étant encouragé par les sourires bienveillants, les regards de tendresse de ses compagnons. Bien que les paroles soient souvent crues, je ne ressens aucune vulgarité dans les propos.
Dans le public, à plusieurs reprises, des éclats de rire fusent, parfois mélangés à des réactions plus émues ou gênées. Je vois que les spectateurs se sentent tous concernés. Ils vivent intensément les confessions des artistes, ils réagissent : sourires, malaise, tourments, complicité. Chacun réagit suivant sa propre expérience. Je perçois cependant une sorte d’osmose dans le public même si la sexualité est un sujet extrêmement personnel, chacun est solidaire des problèmes d’autrui.
JOUIR n’est pas un spectacle comme les autres, c’est une expérience collective qui bouscule. Le spectacle ne propose pas de réponses, mais un espace pour ressentir, rire, partager, et poser un regard sur notre propre sexualité.
Si moitié poisson je plongeais au début du spectacle dans les abysses des tourments humains, c’est, décomplexé et léger que, héron, je m’envole vers d’autres horizons…
Merci la compagnie Notre Insouciance.
et... À bientôt pour de nouvelles aventures !
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