"Nouvelles de Noone Two bodies" par la Compagnie 1WATT
Les carnets de la Chimère 2025 # 8
Vers 19h, Sophie m’accueille sur la place de la République à Bannalec. Elle est avenante, souriante. Elle m’adresse un propos sympathique puis en fait de même avec d’autres arrivants.
Elle prend le temps d’installer une vieille dame au premier rang et de s’entretenir avec elle.
Je peux vous faire une confidence dès à présent : cette dame a tellement apprécié ces attentions et le spectacle qu’elle a promis de revenir le lendemain.
A 19h30, la place s’est bien remplie, Sophie prend la parole. Je comprends très vite que cette femme n’est pas banale, qu’elle est un électron libre, qu’elle ne veut pas suivre les sentiers battus.
La Liberté lui colle à la peau et va rythmer toute la prestation.
Elle nous raconte des tranches de sa vie. Elle a beaucoup bourlingué, de l’Angleterre à l’Australie, des Etats-Unis vers Londres à nouveau, puis Barcelone et même Clermont-Ferrand.
Sophie écoute, regarde, joue, crée des trucs le plus souvent loufoques, fait de belles rencontres... Parmi celle-ci, il y a Pierre, un Belge si je ne me trompe, et "les Belges ne savent pas marcher" nous confie-t-elle. Il ne sait peut-être pas marcher mais il nous montre joliment qu’il ne tient pas en place.
Ils se retrouvent tous les deux, s’emparent d’enceintes et vont évoluer ensemble au son de la musique électronique.
Nous sommes invités à les suivre.
Les chorégraphies s’enchaînent : ça saute, se déhanche, glisse le long des murs, grimpe sur des muretins, des palissades ou des abribus, ça se masque et redanse. Une partie des spectateurs se joignent à eux.
Deux femmes présentes se chargent des enceintes pour libérer les danseurs jusqu’au cœur de la ville.
Une rave-party en déambulation ! Pierre est increvable dans cette "rêve-party", Sophie danse et clame des slogans pour signifier plus encore ses aspirations d’indépendance et de liberté :
"Joue le jeu", " Ne décide qu’avec enthousiasme", "Echoue avec tranquillité", "Sois ébranlable"...
Autant de citations inhabituelles, auxquelles j’adhère mais que je n’ai pas osé appliquer à mon existence ; sans doute comme de nombreux spectateurs qui réagissent à leur écoute et acquiescent.
"Sous ces enveloppes de personnes déjà pleines d’expérience nous voyons des gamins, me confient Florence et Claire des copines présentes au spectacle, peut-être des adultes-enfants qui s’autorisent à se foutre de tout, qui refusent de grandir et de se plier."
Les spectateurs "ravy" sont invités à danser devant les enceintes.
Merci et bravo Sophie et Pierre, continuez de "passer par les villages" et souhaitons que vous ayez donné à plusieurs d’entre nous l’envie et/ou l’audace de vous suivre.
Comme je ne peux pas hippo-camper sur place, je m’en vais frétillante au son de la musique électro vers une dernière aventure dans les envi-hérons.
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