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Rencontres à la Maison d’Arrêt de brest

Une parenthèse poétique à la Maison d’Arrêt de Brest

Avec Arthur Ribo du 1er au 3 octobre 2019

Reportage officiel

Dans le cadre de son pôle "Missions culturelles, territoriales et citoyennes", le CNAREP Le Fourneau a poursuivi son partenariat entamé depuis 2014 avec le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation (SPIP) et la Ligue de l’Enseignement du Finistère, visant à mener des actions culturelles à la Maison d’arrêt de Brest. En octobre 2019, Le Fourneau a choisi de solliciter l’artiste Arthur Ribo, virtuose du verbe et slameur, maître dans l’art de l’improvisation. Cet artiste accompagné de Victor Belin, musicien, a réalisé son spectacle Le concert dont vous êtes l’auteur face aux personnes détenues de la Maison d’Arrêt de Brest, puis a mené des ateliers de pratique artistique auprès d’un groupe de volontaires.

Représentation du Concert dont vous êtes l’auteur. Sur scène, Arthur Ribo et Victor Belin improvisent textes et musique en s’inspirant des mots donnés par les personnes détenues avant le concert.

Proposer ce spectacle participatif aux personnes détenues, en amont des premiers ateliers, a été une mise en bouche éclairante sur la multitude de possibilités qu’offre la maîtrise des mots. L’artiste a retrouvé une dizaine de personnes ayant assisté au spectacle lors des ateliers proposés l’après-midi même.

Une parenthèse poétique et libératrice pour les participants

Du mardi 1er au jeudi 3 octobre 2019, 11 personnes détenues et 4 habitant·e·s volontaires ont participé à ces ateliers. Ceux-ci se sont articulés autour de 2 axes : l’écriture et la libération de la parole. Un projet ambitieux consistant à identifier chez chaque participant·e les blocages l’empêchant d’avoir une expression fluide. Identifier ces blocages a permis d’ouvrir, un à un, les barreaux de l’esprit et de coucher ses maux sur le papier pour l’exprimer face au groupe.

Durant ces 3 jours, Arthur Ribo a su amener les participants à échanger les uns avec les autres et à exprimer leurs émotions de la façon la plus authentique possible. Dès le premier atelier, les participant·e·s se sont épanché·e·s de manière saisissante face au groupe. Chacun·e a rapidement pris la parole, laissant libre cours à ses pensées, allant même vers une parole intime.

Les propositions de jeux et d’exercices d’Arthur Ribo ont amené les personnes détenues à aborder le passé, le futur, l’enfermement, les rêves, etc. Une relation de confiance et une véritable bienveillance se sont installées dans le groupe dès la première rencontre. Tous les participant·e·s ont accepté spontanément de lire leurs textes à voix haute. Durant 3 jours ils ont profité de ce climat de confiance dans un environnement pourtant inhospitalier, laissant habituellement peu de place à l’expression des émotions de chacun.

L’implication de 4 habitant·e·s volontaires (1 homme et 3 femmes) durant les ateliers a permis d’enrichir les relations mixtes et intergénérationnelles dans le groupe. L’artiste a su guider uniformément l’ensemble des participant·e·s en cultivant leur sensibilité et leur curiosité, à travers la rencontre. Cela a permis d’échanger sur une pluralité d’univers, de s’ouvrir sur des quotidiens dissemblables et des réalités différentes. Chaque acteur du projet a pu apporter ses points de vue, ses projections, ses regrets, ses inspirations. L’implication d’amateur·e·s a aussi été une manière de mettre en évidence que l’on peut faire avec l’autre.

Un respect mutuel s’est observé dès la première rencontre et a perduré jusqu’à la restitution finale. La qualité de l’écoute entre les participant·e·s a été significative à chaque lecture de texte. Les témoignages des personnes détenues lors de la dernière journée furent poignants. Un des participants a exprimé sa reconnaissance à Arthur Ribo en expliquant que ces trois derniers jours d’ateliers avaient été les seuls où il avait eu envie de se lever le matin depuis maintenant 8 mois. Un beau cadeau de remerciement offert à l’artiste.

L’ensemble des personnes détenues a reconnu avoir amplement amélioré les relations entre eux dès le premier atelier. Un des prisonniers a noté une évolution significative dans la couleur des textes proposés par le groupe au fur et à mesure des ateliers. En effet, les mots négatifs du départ (morts, enfermement) ont vite été remplacés par d’autres plus positifs (rencontre, évasion, partage).

Jeudi 3 octobre 2019, les participant·e·s ont su partager leur expérience devant un public invité et mesurer l’impact des actions menées sur leur capacité à libérer leur parole et leurs émotions.

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