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Les interviews

Tom Binet, circassien et co-directeur artistique de la cie Le Grand O

Interview de juin 2020

La jeune équipe du Grand O est accompagnée en 2020 pour la première fois en création par Le Fourneau et le RADAR, avec le soutien de la région Bretagne, pour son deuxième spectacle en espace public Animalentendu. Après une résidence à Port-Louis au printemps, les artistes se sont rendus à Bréal-sous-Monfort en juin, aux Jardins de Brocéliande qui venaient de rouvrir leurs portes, avant d’achever cet accompagnement par une présence d’une semaine en juillet au Fourneau.

Le Grand O propose un travail corporel mêlant cirque, danse et chant. Comment poursuivre ce travail du corps pendant la période que nous traversons, avec la distanciation physique ? Il nous a paru important de creuser cet aspect avec eux.

Où en était votre travail de création pour Animalentendu lorsqu’a été annoncé le confinement ?

L’annonce du confinement a sonné le renvoi de notre équipe chez elle, alors que nous étions sur le point de commencer une résidence chorégraphique dans les locaux de l’Association Schpouk. Nous venions alors de terminer une nouvelle version du scénario et des textes du spectacle et souhaitions poursuivre l’écriture de la mise en espace de celui-ci et de nos corps dans les rues.

Quelles ont été tes réactions lors des annulations successives ? Tes espoirs, tes désillusions, tes surprises… ?

Je dirais que mes réactions ont évolués tout au long de la crise. Elles ont été marquées tout d’abord par la volonté de voir dans cette période une opportunité pour approfondir le travail d’écriture de notre nouvelle création et les possibilités de recherches acrobatiques et dansées qu’ouvraient cette période. Malheureusement cet enthousiasme initial n’a pas pu se maintenir tout le temps.

J’ai oscillé entre un espoir de renouveau pour le monde à venir, et une tendance au désespoir face aux nouvelles accablantes d’une humanité en guerre contre le reste du vivant. Aussi, j’ai vu doucement l’ensemble de ce que notre compagnie avait construit s’effondrer. L’intégralité de nos dates de représentations sur la période allant de mai à septembre ont été annulées ainsi que quatre résidences de création  : une dans les locaux de l’Association Schpouk, une à l’école de Cirque de Bordeaux où nous allions accueillir un stagiaire, une à l’école de Cirque de Châtellerault, et une à l’Espace Catastrophe à Bruxelles.

Ces deux mois ont alors été une période de doutes et d’incertitudes. Au final, grâce à la générosité de notre équipe artistique, aux aides de l’État, et celles de nos partenaires institutionnels et acteurs de la culture, nous avons pu être résilient face à cette crise et ouvrir de nouveaux chemins pour notre compagnie. Outre la question des modalités d’annulation des spectacles et de maintien de l’équilibre financier de notre compagnie, ce qui a été marquant pour moi a été d’essayer d’inventer et de voir émerger des initiatives afin de continuer de faire vivre le spectacle vivant en renouvelant les formes, les contextes d’accueil et le financement de celui-ci. J’espère que les acteurs culturels sauront poursuivre ces efforts et que ces tentatives ne seront pas contrainte par les tendances sécuritaires de la société dans laquelle nous vivons.

Avez-vous pu continuer à travailler sur la création malgré l’impossibilité de vous retrouver et de vous rendre dans les lieux qui devaient vous accueillir en résidence ?

Durant cette période nous avons travaillé tous les jours. Poursuite de l’écriture des textes du spectacle, audition d’un musicien et composition musicale, recherches et entrainements chorégraphiques et acrobatiques, ré-organisation du calendrier de création, suivi de la production du spectacle et de l’administration de la compagnie ; ce confinement n’a pas été de tout repos. Bien sur les recherches collectives et le travail au plateau ont pris du retard mais la structure de la pièce n’en n’a été que consolidée.

En tant que danseurs et circassiens comment vivez-vous la distanciation physique et les contraintes qui en découlent pour votre pratique ? Comment envisagez-vous la reprise des répétitions ?

Les réalités de notre métier rendent indésirable et impossible le respect des mesures de distanciation physique au sein de notre équipe. Nous travaillons à partir d’un principe de confiance et de responsabilité de chacun. Aussi, la reprise des répétitions s’est faite dans la joie de se retrouver et de poursuivre cette aventure artistique qui nous passionne.

Quelles sont les perspectives pour la création de votre spectacle ? (sortie en 2020 ? report à 2021 ?)

La date de la première du spectacle Animalentendu a été repoussée pour l’instant au 26 avril 2021, cependant nous avons décidé de maintenir toutes les résidences de création possibles sur la saison de printemps et d’été 2020 afin d’assurer une continuité, d’activité pour la compagnie, et de salaires pour notre équipe artistique.

Par ailleurs la sortie du spectacle étant annulée en 2020, nous avons décidé de réinvestir de l’énergie dans un projet de réalisation d’un court métrage autour des thématiques et esthétiques de notre création qui sera tourné dans le Pays de Morlaix du 23 au 27 août. Pour celui-ci nous sommes riches du soutien de l’équipe de tournage professionnelle « deepthoughtproductions » et du réalisateur hollandais Rudolf Van Den Berg.

Au printemps 2021 nous organiserons deux semaines de reprise et finalisation pour Animalentendu afin d’être à même de jouer les premières du spectacle dans les meilleurs conditions possibles. La compagnie de production de Cirque Ay-Roop nous accueillera en juin à Rennes au théâtre du Vieux-Saint-Étienne pour que nous puissions finir de peaufiner les derniers détails de la création afin d’être prêts en vue des prochaines dates et possibles festivals promotionnels.

Enfin, même si nous sommes parfois inquiets quant aux perspectives de diffusion de cette création artistique dans le contexte actuel, nous avons la chance de compter sur différents pré-achats qui assureront une visibilité au spectacle et sur la confiance que nous avons dans cette aventure artistique enthousiasmante qui saura, je l’espère, trouver son public.

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Le Fourneau

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Tél. 02 98 46 19 46

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