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Autres histoires d’actions culturelles

Concertation déconcertante par la compagnie Mycélium et les élèves du lycée Suscinio-Morlaix

Contribution publique

Du 15 au 19 mars, la compagnie Mycélium et les 50 étudiant·es du lycée de BTS Gestion d’espaces naturels du lycée Suscinio-Morlaix ont réalisé une Concertation déconcertante auprès des habitant·es de l’agglomération morlaisienne autour de la problématique de la pollution lumineuse et son impact sur la biodiversité nocturne. Pendant 5 jours, les étudiant·es ont proposé divers temps de dialogues avec les habitant·es par le biais de mises en scène et de performances artistiques encadrées par la compagnie Mycélium.

La délégation de Grand-Nuit débarque à Plougasnou

Le mardi 15 mars à 19h33, la délégation de Grand-Nuit, monde imaginaire aux allures de Grand-Nord plongé dans une totale nuit noire, a débarqué sur le port du Diben à bord d’un mystérieux container.

De cette "boîte de nuit", trois personnages sont sortis : un vieux sage, une ombre et un esprit de la forêt. Cette délégation singulière est venue accueillir les groupes d’étudiant·es de BTS Gestion protection de la nature qui, chaque soir et jusqu’au 19 mars, inviteront la population de Morlaix Communauté à pénétrer le monde nocturne et participer à des temps de Concertation déconcertante autour des pollutions lumineuses.

Un dîner presque nocturne à Ploujean

Le mercredi 16 mars, les habitant·es de Ploujean, petite commune située au nord de Morlaix, ont été invité·es à déguster une soupe préparée par les étudiant·es avec les légumes cultivés au sein de l’établissement et à partager un repas sur la place de l’église. Le temps d’une soirée, chacun à pu participer à différents ateliers et dispositifs autour du monde de la nuit.

À l’intérieur de la fameuse "boîte de nuit", les étudiant·es ont fait vivre des expériences sonores dans le noir total aux participant·es. Les sons d’animaux sauvages, les bruits de ville ou encore ceux de pas inquiétants ont permis aux habitant·es de s’immerger, non sans courage, dans le monde de la nuit, tant corporellement, qu’émotionnellement. Les sons laissaient place à l’interprétation et permettaient de recueillir un avis sincère et libre de leur part. Par exemple, la boîte de nuit a fait entendre un animal pour leur demander de reconnaître le son d’une huître, d’un renard, d’une chevrette ou d’un escargot. Après le bruit d’une bagarre de chats, des questions plus concrètes étaient posées : "D’après vous et votre usage du territoire la nuit, voyez-vous une utilité au changement d’éclairage vers chez vous ? Quels seront ces changements d’après vous ?"

Le groupe d’étudiant·es se partageaient les tâches suivantes :
- la diffusion de la "voix" à l’intérieur de la boîte noire
- les réglages techniques et sonores pour enregistrer et lancer les bruitages
- l’enquête menée avant le passage dans la boîte pour définir le profil des participant·es
- la canalisation du flux de personnes intéressées par le dispositif et l’expérience proposée

Pendant ce temps, dans la chapelle située sur la place de l’église, un autre groupe d’étudiant·es mené un autre atelier proposant de supprimer et/ou conserver les points lumineux de Ploujean à partir d’une carte. L’idée était alors d’instaurer un temps d’échange et de concertation avec les habitants·es. Certain·es ont estimé que la moitié de l’éclairage public pouvait être supprimé e manière à créer une trame noire, corridor écologique caractérisé par une certaine obscurité et emprunté par les espèces nocturnes.

Sous les vitraux de l’église de Ploujean, deux étudiantes avaient installées des transats et invitaient les habitant·es. À partir de questions, elles ont pu évaluer les rapports intimes à la nuit à partir d’un photo-langage. Tandis que sur le porche, un apprenti druide ouvrait les portes de son cabinet de curiosités, alors certain·es habitant·es expérimentaient une balade en aveugle jusqu’à une clairière.

Grâce à ces mises en scène, propositions artistiques et expériences sonore, le sujet de la trame noire a été abordée avec humour et détente. Cette première soirée de Concertation déconcertante a séduit les habitant·es de Ploujean !

Speed-meeting avec la nuit dans la vallée de Ty-Dour

Le jeudi 17 mars, le parc de la vallée de Ty-Dour situé en plein cœur de Morlaix a été investi par un groupe d’étudiant·es dès le milieu de l’après-midi. L’idée : organiser un speed-meeting, sur le principe du speed-dating, entre les habitant·es et les créatures de la nuit. Les participant·es étaient invité·s à répondre à des devinettes au travers desquelles s’exprimer humains et non-humains : une chauve-souris, un arbre, un·e jeune du quartier, une étoile ou encore un·e naturaliste. L’objectif de ce petit jeu était de retrouver qui les étudiant·es incarnaient. Ces questions ont permis aux participant·es de se prononcer sur la question suivante : êtes-vous prêt·es à partager un espace de parc urbain avec des êtres non-humains, non domestiqués la nuit ?

C’est dans le théâtre de verdure du parc que le speed-meeting s’est poursuivi par une veillée, alors que les participant·es se rassemblaient autour du feu de bois. deux maîtres du feu ont animé la veillée au cours de laquelle ont alterné "petit prince" allumeur de réverbères avec ombres chinoises, poème d’amour d’un papillon de nuit se brûlant les ailes à la lumière d’un lampadaire, partage de rêves, confidences publiques sur des expériences nocturnes effrayantes et idéal de parc urbain...

En dégustant des brochettes de chamallows grillés, un envoyé des étoiles est venu recueillir les représentations nocturnes des participant·es.

La 1ère exposition universelle de lampadaires

Le vendredi 18 mars au soir, la Concertation déconcertante des étudiant·es et de la compagnie Mycélium a invité les participant·es à déambuler d’un pas vif au cœur de Saint-Martin-des-Champs. Tous ont marché le long d’un parcours éclairé et éclairant sur la question de l’éclairage public depuis le parking du centre commercial Bretagnia jusqu’à l’espace culturel Le Roudour où se tenait la première exposition universelle de lampadaires !

Cette fois-ci, il s’agissait de recueillir les avis et les représentations des participant·es sur la problématique suivante : quels conflits d’usage nocturne sur les zones d’activités et de culturel et quels types d’éclairage sont acceptables pour les humains et les non-humains ? Guidé par un commissaire d’exposition lyrique et un technicien-expert pince-sans-rire qui ont déroulé un discours parodique sur la base de vraies informations techniques, le publics n’a pas été insensible aux effets théâtraux à la fois drôles et poétiques des protagonistes particulièrement en verve. Avec, en fin de parcours, la remise du prix du Lampadaire d’or 2022.

La nuit dont vous le héros à Morlaix

Samedi 19 mars, le centre-ville de Morlaix est devenu le terrain d’un jeu de piste hors du commun. Carte en main, les participant·es ont exploré la ville pendant 30 minutes. Au départ du kiosque de la place des Otages, petit·es et grand·es ont été invité à écrire leur propre aventure avec le monde de la nuit.

De retour au point de départ, plusieurs rendez-vous attendaient les participant·es : la mystérieuse "boîte de nuit" et ses paysages sonores nocturnes, le stand d’information de Ulamir-Cpie Pays de Morlaix-Trégor, puis l’arrivée des trois représentant·es de la délégation de Grand-Nuit arrivée au port du Diben quelques jours auparavant.

Devant elle et le public, les étudiant·es ont présenté puis remis aux élu·es de la ville et de l’intercommunalité présent·es, un premier bilan de cette Concertation déconcertante, ponctué de témoignages audios glanés durant la semaine. Pour chacune des quatre soirées organisées, s’est dessinée une instructive constellation des humeurs nocturnes des participant·es recueillies puis transformées en points colorés positionnés dans une cible, selon cinq critères de proximité avec le vivant nocturne, du sentiment le plus faible sur les pourtours du cercle, au sentiment le plus fort en cœur de cible : activité nocturne ; sentiments et représentations, préférence d’éclairage, conscience du vivant, changer en faveur du vivant nocturne.

La soirée s’est achevée par le départ de la délégation de Grand-Nuit, incarnée par les trois incroyables comédien·nes de la compagnie normande Mycélium. Par son intervention, elle a délivré un message fort en faveur d’une cohabitation respectueuse avec les autres représentant·es du vivant.

Une analyse plus poussée des résultats de cette enquête qualitative sera ultérieurement effectuée et remise aux partenaires de cette Concertation déconcertante, avec lesquels le lycée de Suscinio-Morlaix travaillent depuis plusieurs années sur la sensibilisation aux continuités écologiques sur le territoire, indispensables à la biodiversité.

© Texte & Photos : Laurence Mermet, Marianne Jaouen, Véronique Javoise et les élèves de BTS GPN - Lycée de Suscinio-Morlaix & Le Fourneau

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Vos commentaires

  • Cauchoix 28 mars à 16:16

    Quelle créativité exemplaire d’une grande richesse et humanité .
    Ils en ont de la chance nos collègues de Morlaix et leurs étudiants de travailler ainsi avec un pareil partenariat. La médiatisation de cet évènement est à encourager.
    Félicitations à tous !

Le Fourneau

Centre National des Arts de la Rue et de l'Espace public en Bretagne

11 Quai de la Douane

29200 Brest

Tél. 02 98 46 19 46

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