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Résidence au Lycée de Caulnes

Caulnes : détection d’une zone de Cha Ô

Les Ribines tressent des liens sur le paysage

Reportage officiel

Histoire d’une rencontre avec deux voyageurs embarqués dans une quête pas comme les autres, qui les a menés jusqu’au lycée agricole de Caulnes (22).

Mardi 4 décembre 2018, c’est sur les traces de l’ancien chemin de Corseul (une commune nommée Kersaout en Gallo), que Charlotte et Pierre-Louis souhaitaient rejoindre Dinan. Fausse route ou destinée, une déviation leur a fait prendre un virage à 180°, les menant directement à la rencontre du lycée agricole de Caulnes et de ses occupants.

Détectant immédiatement une zone de Cha ô en ébullition, ils conviennent ensemble de poser leurs bagages d’arpenteurs quelques jours et tracent un itinéraire de découvertes rayonnant autour de l’établissement. Trois jours durant, ils sillonnent à travers les failles et méandres de la commune, scrutant les interstices à chaque coin du lycée, provoquant des rencontres avec les autochtones.

Étonnamment c’est justement cette même semaine que j’ai rendez-vous avec Erwan Bariou et sa classe de 1ère STAV à Caulnes, afin de revenir sur notre dernière rencontre au Fourneau et préparer notre prochaine excursion à Brest. Celle-ci s’appuie sur la visite des élèves aux Ateliers des Capucins, une ancienne friche industrielle devenue le nouveau pôle culturel brestois où Le Fourneau prendra place en 2023.

À 9h du matin, ils m’attendent impatiemment, car nous devons profiter de cette seconde journée de rencontre pour faire le point, sur les objectifs que nous nous étions fixés. Mon rôle auprès de la classe est principalement de guider les élèves dans leur manière d’appréhender le territoire, les communs et l’art en espace public.

Malheureusement, je suis coincée dans le train à Saint-Brieuc et ne sais pas encore que cela durera deux heures. Coïncidence ou fatum, au lieu de me voir arriver dans leur classe, ce sont les arpenteurs des Ribines qui s’engouffrent dans cet espace temps. Finalement, c’est ainsi que commence notre quête commune du Cha ô.

Quand j’entre dans la salle de classe en fin de matinée, alors que je pense encore passer la journée à travailler avec les élèves et leur professeur... Je prends conscience que c’est un tout autre programme qui s’est lancé sans moi. En effet, Pierre-Louis et Charlotte, les deux arpenteurs, ont déjà bien entamé leur réflexion sur le territoire avec les 15 lycéens. Sur les tables, j’aperçois des cartes, des dessins. Cela semble représenter un itinéraire.

Les élèves m’expliquent : "Ils sont arrivés ce matin et ont commencé à nous raconter des tas de choses sur le lycée, sur les gens qu’ils y avaient rencontré, on leur a dit de s’asseoir et de nous expliquer." "Ils sont un peu étranges, ils pensent qu’ils sont dans un collège, mais l’établissement est un lycée depuis déjà 50 ans."

Curieuse, je vais à la rencontre de ces deux mystérieux voyageurs qui me racontent le but de leur visite. Ils sont arrivés au lycée il y a quelques jours car ils ont repéré dans ce lieu une activité bouillonnante. Ici, ils ont trouvé une "zone chargée", une faille intéressante qu’ils appellent Cha ô. Leur objectif est de creuser cette faille et d’en faire remonter des histoires du passé pour mieux comprendre le présent.

Heureux hasard, en ce vendredi 7 décembre, ils débarquent dans cette salle de classe et rencontrent les 1ère STAV. Le récit de leur aventure sur le territoire fait écho au sujet que nous souhaitions aborder avec les élèves. Le professeur les invite donc à rester. Quand j’arrive, les élèves sont en plein exercice. "Ils nous ont demandé de tracer le chemin depuis notre naissance jusqu’au lycée."

Itinéraires de vie des élèves jusqu’au lycée.

Deux volontaires parmi les élèves nous présentent leur "carte de vie" réalisée sur les conseils de Charlotte et Pierre-Louis. Je suis surprise des émotions qui m’envahissent à l’écoute de ces deux parcours. Je me dis que l’outil de dessin de carte pourra nous servir lors de la visite des Capucins. Les arpenteurs nous embarquent ensuite dans une expérience de perdition. Ils nous invitent à jouer leur jeu et nous accompagnent dans l’exploration du lycée, de ses alentours, à la recherche d’endroits inconnus, de tournants, de failles.

Exploration des dessous de la scène du théâtre, un lieu interdit où nous sommes entrés juste en poussant la porte.

Par petit groupe, les élèves vont à la recherche d’endroits qu’ils ne connaissent pas dans ce lieu qu’ils fréquentent pourtant quotidiennement. Les élèves s’amusent à aller hors de leur zone de confort, et en l’espace d’une heure, nous commençons à comprendre ce qu’est le Cha ô. Nous apprenons que le lycée était autrefois une ferme, puis un collège. Nous arpentons dans le théâtre, les couloirs, mais aussi à l’extérieur.

Ici, un espace nous interpelle. « On passe devant tous les jours mais personne ne sait ce que c’est. » On imagine alors un vivarium, un zoo miniature dans cette vitrine donnant sur la cour.

Nous identifions d’autres curiosités, par exemple dans le lycée, il y a des endroits où on a le droit d’aller qui sont fermés et des lieux interdits qui sont ouverts. Il y a des frontières invisibles mais bien réelles, et tout le monde parle de passages vers un souterrain parcourant un bout à l’autre l’établissement.

Un passage vers les souterrains du lycée ? En tout cas, il contient de drôles d’inscriptions.

Autant de mystères qui nous donnent tous l’envie d’en apprendre plus. Mais c’est déjà bientôt la fin des cours et nous rejoignons les autres groupes pour dessiner nos itinéraires et en parler tous ensemble.

Cette journée fût chargée de découvertes, gonflée d’observations et d’émotions parfois inexpliquées. Ces expériences inattendues, nous ont permis de vivre une aventure commune et de réfléchir autrement au territoire, à son passé et aux problématiques du présent. Les élèves et leur professeur ont joué le jeu jusqu’au bout et le courant est tellement passé entre les élèves et les arpenteurs, que Charlotte et Pierre-Louis ont été invités à venir rejoindre le groupe à Belle-Ile-en-Mer lors de leur stage territoire en janvier 2019. Pour ma part, cela m’a aussi donné de bonnes idées pour notre prochaine rencontre aux Capucins. En tout cas, nous aurons tous fait un sacré pas de côté.

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