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La Fabrique des Capucins

Des designers en herbe conçoivent des îlots scénographiques pour les espaces publics des Capucins avec les ManufActeurs

L’Agence citoyenne de design, nouvelle étape de la Fabrique citoyenne et poétique des Capucins, en février et mars 2020

Reportage officiel

Pour cette nouvelle étape de la Fabrique citoyenne et poétique des Capucins, durant 3 sessions, du 10 au 14 février, du 17 au 21 février, et les samedis 7 et 14 mars 2020, différents équipages de citoyen·ne·s se sont constitués pour former l’Agence citoyenne de design.
Accompagné·e·s par des designers professionnel·le·s, les participant·e·s ont traversé l’ensemble du processus de création d’un mobilier urbain expérimental : depuis la présentation du cahier des charges jusqu’à la modélisation 3D, en passant par l’arpentage du lieu, les cogitations, les esquisses, les débats, les choix, les plans, le maquettage...
Retour sur cette aventure singulière !

Barbara, Alice, Kévin, Julien et Romain, designers des ManufActeurs possédant chacun·e sa spécialité, encadrent les ateliers et guident les embarqué·e·s dans cette démarche expérimentale.

Session 1 : 6 participant·e·s sont rassemblé·e·s, il y a Sophie, Claude et Claude, Thierlo, Matthias et Gabrielle.

Session 2 : 8 participant·e·s sont réuni·e·s, il y a Laure, Arnaud, Fred, Kyrio, Nathalie, Joseph, Jérôme et Yannig.

Session 3, 12 participant·e·s forment le 3e groupe, il y a Marlène, Alain, Betty, Elwenn, Fanny, Pamela, Elena, Caroline, Tina, Steph, Camille et Mewenn.

1er jour : le programme !

Qui êtes vous ?
Ancien menuisier, lycéenne, enseignante en arts appliqués, chômeur-bénévole-multitâche, collégien, ancien ingénieur ou animatrice... les horizons des embarqué·e·s sont multiples !

Le premier jour de l’Agence citoyenne de design n’est pas celui où l’on se sert de ses mains, plutôt de ses méninges ! Avant de se lancer dans l’imagination de mobiliers urbains expérimentaux, il est en effet essentiel de comprendre l’historique de la démarche depuis 2016 afin de se situer dans une continuité.
L’exploration du cahier des charges établi par le commanditaire du projet, Brest Métropole, est également un point essentiel pour situer les usages demandés pour ces futurs aménagements ainsi que l’enveloppe budgétaire du projet.

Un peu d’exercice à présent ! Les ManufActeurs guident les embarqué·e·s à la découverte des espaces publics du plateau des Capucins.

Des espaces souvent empruntés par ces embarqué·e·s, mais jamais abordés sous un angle réflexif, pour y implanter des "mobiliers urbains", qu’il s’agit de penser comme des "îlots scénographiques"...

Une manière de porter un regard nouveau et plus attentif sur ce qui nous entoure.

Pour achever cette première séance de travail, le temps est venu de constituer les groupes et tirer au sort, pour chacun de ces groupes, les contraintes du cahier des charges sur lesquelles ils plancheront...

Les contraintes liées aux usages pouvant être tirées au sort sont :
- accueil et confort
- activités ludiques 9-12 ans
- pratique physique, sportive et urbaine
- expression libre et graphique

Pour les 20 dernières minutes de la séance, petit atelier d’idéation. Les idées foisonnent déjà : escalade, prendre de la hauteur, toboggan, cocon, abris, mettre en valeur les escaliers, saute-mouton, cache-cache, intriguer, inventer un mix foot-basket, slackline, nichoirs, arbres à insectes, protéger du vent, verdir les espaces, bacs à fleurs, odeurs...

Julien : "Rendez-vous demain pour commencer à imaginer les mobiliers. D’ici-là, n’hésitez pas à cogiter chacun·e de votre côté !"

2e jour : accessibilité et poker design

Le mardi 18 février, les embarqué·e·s ont la chance de voir arriver Arnaud et Darcy de l’association Valentin Haüy. Tous deux participent à la séance d’aujourd’hui pour mettre au cœur des échanges la prise en compte du handicap visuel dans la démarche.

Arnaud commence d’abord par présenter son handicap en précisant que, bien évidemment, tous les malvoyants ou aveugles ont des perceptions différentes auxquelles il faut être sensible. Ainsi, il exprime qu’il n’y a pas de mobilier spécifique à prévoir, mais plutôt différents aspects à considérer autour de ces mobiliers urbains. Par exemple, pour sécuriser les abords et éviter des chutes ou des chocs, Arnaud conseille de les entourer de signaux physiques pour alerter les malvoyants par le toucher, la canne... : "Les bandes de guidage des Capucins, par exemple, elles ne sont pas assez épaisses, on ne les sent pas avec la canne. C’était une bonne idée, mais elle n’est pas allée assez loin dans la réalisation."

Concernant la signalétique, Arnaud précise qu’il n’y a pas de connaissance généralisée du braille par les malvoyants. Il conseille donc plutôt de faire figurer des plans en relief, des maquettes pour des repères tactiles simples accessibles par toutes et tous, ou encore d’utiliser des contrastes de couleurs.

Place au "Poker design" : les ManufActeurs, en écho aux usages du cahier des charges abordés la veille, ont imaginé une multitude de mots-clés qui vont devenir des contraintes créatives. Par exemple, autour de "accueil et confort", des mots comme "s’abriter", "siège obstacle" ou "pour deux" sont proposés ; en écho aux "pratiques ludiques 9-12 ans", on peut retrouver "jungle", "photomaton" ou encore "jeu de carte".

Écrits sur de petits papiers, ces mots-clés sont piochés au hasard par les embarqué.e.s : un mot correspondant à une première contrainte d’usage, un autre mot à une seconde. Cela crée des combinaisons insolites, qui vont solliciter l’imaginaire du groupe. On voit ainsi s’associer les mots "s’abriter" avec "jungle", "siège-obstacle" avec "photomaton", ou encore "jeu de carte" et "pour deux"...
Les embarqué·e·s ont 5 minutes top chrono pour esquisser des structures inspirées par les idées jumelées de ces deux contraintes. Puis, nouveau tirage au sort, et c’est reparti pour 5 minutes !

Julien - "Ce sera frustrant pour tout le monde, mais ce sera très productif vous verrez."

"Je peux avoir une gomme ?"
"Ah ben non, tiens, on n’en a même pas achetées... C’est pas grave, on dessine à l’instinct, ça ne devrait pas exister les gommes !"

Après 7 tours de dessin, les embarqué·e·s viennent l’un·e après l’autre expliquer leurs esquisses au groupe.

Chaque groupe choisit ensuite 3 projets qu’il souhaite pré-sélectionner... mais c’est à ce moment que Julien prend la parole :
"Chaque groupe va maintenant se tourner vers les projets de l’autre groupe, et voter pour le projet qui sera réalisé. Cela permettra d’exclure un affect ou une appropriation du projet par une seule personne, puisque vous allez travailler sur les idées des autres... D’une idée individuelle, on passe ainsi à un projet collectif !"
Surprise des embarqué·e·s, qui se prêtent facilement ensuite à l’échange des projets... même si une petite frustration demeure !

Une fois les votes effectués, deux projets sont retenus. Ce sont les projets issus des mots-clés suivants :

Session 1 :
"CHAT PERCHÉ" et "PING-PONG"
"REGARDER LE CIEL" et "SE REPOSER"

Session 2 :
"S’ABRITER" et "JUNGLE SONORE"
"FAUTEUIL" et "STREET ART"

Session 3 :
"PLATEFORME" et "LETTRE"
"GRANDE TABLE" et "ÉQUILIBRE"

"Rendez-vous jeudi pour réfléchir, dessiner et commencer à maquetter !"

3e jour : des esquisses et des choix

Le troisième atelier est consacré aux réflexions sur la mise en oeuvre du projet esquissé et voté lors du précédent atelier, et ce en abordant un éventail de questions à traiter de la manière la plus précise possible :
- les publics qui seront concernés par ce mobilier urbain expérimental, en traitant des questions d’accessibilité évoquées plus haut ;
- l’emplacement de ces îlots scénographiques au sein de la ZAC (Zone d’aménagement concerté) des Capucins ;
- les dimensions de ce "mobilier", qui découlent de l’emplacement choisi ou qui conditionnent celui-ci ;
- les matériaux avec lesquels sera réalisé ce "mobilier" ;
- les coûts et les temps de production, qui ne peuvent être calculés qu’après avoir envisagé toutes les étapes précédentes.

Pour cela, chacun des groupe est accompagné par deux designers des ManufActeurs. Sur les deux tables, les esquisses et croquis se succèdent, les interrogations sont nombreuses. Plusieurs groupes retournent arpenter les espaces publics pour déterminer les emplacements judicieux.

Pas toujours facile de créer le consensus. Encore moins d’abandonner un aspect fascinant ou spectaculaire du projet, qui apparaît pourtant trop complexe à résoudre...
Romain : "On a le rôle difficile de vous faire garder les pieds sur terre. Ça ne sert à rien de pencher sur un projet irréalisable au regard des lois de la physique, ou impossible à financer ensuite. Ne nous en voulez pas, c’est frustrant aussi pour nous !"

"Wolala, sur l’autre table ils en sont déjà à la maquette !"
"Non, on fait simplement des brouillons en 3D car on a une question d’espace qu’on n’arrive pas à résoudre sur le papier. Vous, vous êtes des cerveaux, nous on est des manuels !"

Les îlot scénographiques créés seront soit greffés à des structures déjà existantes sur le plateau (escalier, banc, etc.), soit construits de toutes pièces. Pour ce faire, différents matériaux sont envisagés : acier, bois, béton...

Romain - "Kévin, tu dirais combien en épaisseur pour une plaque en acier qui monterait à la verticale en culminant à 2 mètres ?"
Kévin - "Ouh là, ça fait haut, je dirais pas moins de 10 millimètres... Mais après, ce sera très lourd à déplacer, et très cher à galvaniser."
Kyrio - "C’est quoi galvaniser ?"
Kévin - "C’est quand on trempe une plaque d’acier dans un bain de zinc pour la protéger de la corrosion."

Vient ensuite le temps des maquettes préparatoires. Certain·e·s embarqué·e·s se lancent directement dans la constitution de maquettes, d’autres ont besoin d’un petit cours technique de rattrapage : patrons, mesures, échelles à 1/10e, maniement des outils...

4e jour : maquettes finales et modélisation

Durant les 3 dernières heures de cette Agence citoyenne de design, les embarqué·e·s travaillent sur la réalisation d’une maquette finale de leur projet. Selon les caractéristiques du "mobilier" imaginé, différentes stratégies sont établies :
- lorsqu’il s’agit d’une imposante structure unique, tout le monde concourt à sa réalisation ;
- à l’inverse, pour une structure plus modeste mais dont plusieurs exemplaires seront déclinés, l’idée est de produire plusieurs modèles qui pourront être assemblés lors des essais de mise en espace de ces maquettes.

Pour l’occasion, les embarqué·e·s travaillent à l’échelle 1/10e.
Romain : "C’est-à-dire que vous devez penser que 1 mètre dans la réalité représente 10 centimètres pour notre maquette".

Maniant avec plus ou moins de dextérité cutter, pistolet à colle, baguettes de bois ou bâtonnets de glace, les participant·e·s se lancent !
Alice : "Les baguettes vont vous servir à bâtir les contours de vos structures, tandis que les bâtonnets sont destinés à esquisser le platelage des modules."

De petits personnages en bois permettent ensuite de rendre compte de l’échelle et du dimensionnement des structures imaginées.

Voici les 6 maquettes réalisées à l’occasion de 3 sessions de l’Agence citoyenne de design, qui attendent désormais d’être modélisées par les ManufActeurs et confrontées aux contraintes techniques et économiques du projet.

C’est maintenant au tour des ManufActeurs de s’attaquer à la modélisation 3D des différentes structures imaginées pour aboutir au stade d’avant-projet sommaire. Les structures et les modélisations 3D, ainsi que leur nombre et leur emplacement imaginés par les embarqué·e·s, vont être susceptibles d’évoluer en fonction du budget et de l’esthétique globale à donner au projet.

Un grand bravo à tou·te·s les embarqué·e·s pour ces beaux moments partagés et pour les fruits de leurs imaginaires réunis !

Bravo au Centre de Mobilité Internationale et à la Médiathèque des Capucins pour la mise à disposition des espaces dans lesquels se sont déroulés ces ateliers.
Bravo également à Arnaud et Darcy, de l’association Valentin Haüy, pour les échanges de qualité qu’ils ont apportés.

La restitution publique visant à dévoiler les maquettes, les représentations 3D et le plan d’implantation de ces mobiliers expérimentaux aura lieu le mercredi 16 septembre 2020 à 18h32 dans l’auditorium de la médiathèque François Mitterrand – Les Capucins.

Le chantier public de fabrication des aménagements scénographiques se déroulera du 12 au 24 octobre 2020. Ce chantier participatif, ouvert à tou·te·s sur réservation, permettra de fabriquer taille-réelle ces mobiliers urbains uniques et de les installer sur les espaces publics du plateau des Capucins.

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